L’oeil du photographe

5D__25509cdL’œil du photographe…  Sans lui, rien ne serait possible.

On croit trop souvent que c’est l’appareil photo qui fait le travail.   Le miracle de la technologie !  C’est ainsi que certains s’équipent du boîtier dernier cri, de dizaines d’objectifs adaptés à toutes sortes de situations, sans parler des filtres, adaptateurs, flashes, trépieds et autres accessoires des plus dispendieux.

Bien sûr le matériel utilisé aura un impact certain sur la qualité de l’image;  La qualité technique.  Mais pas sur la composition, l’émotion, l’impact…

L’œil du photographe, ce n’est pas seulement l’organe de la vue.  C’est, à travers lui, ce que nous ressentons à la vue d’une scène : nos émotions, nos souvenirs, nos rêves, nos peurs et nos désirs.    Une bonne photo, c’est une image en deux dimensions par laquelle nous aurons réussi à susciter chez le spectateur l’émotion que notre œil a capté devant une scène.   Parfois cela fonctionne, parfois non.  Souvent  l’émotion ressentie est différente d’un spectateur à l’autre.  Mais si l’image parle, si elle raconte une histoire, si elle suscite des questions, alors le photographe aura véritablement créé quelque chose d’utile.

Cet œil dont je parle est une faculté qui se développe, qui s’exerce.  Il faut apprendre à regarder.  Trop de photographes ont le doigt nerveux et titillent beaucoup trop facilement le déclencheur, avant même d’appréhender convenablement leur sujet, de se poser des questions sur la manière de l’aborder et sans chercher à le connaître.  Le fait est que les appareils numériques d’aujourd’hui font des photos techniquement parfaites et il est très tentant de laisser la technologie prendre le contrôle de l’image.  C’est ce que font la majorité des gens.  Dans mes ateliers, j’enseigne à prendre le contrôle de la caméra en lui imposant certains réglages, quitte à obtenir des images sous- ou surexposées, des flous, bref : des imperfections.  Après tout, la vie c’est cela : une suite d’émotions très sombres ou éblouissantes, manquant parfois de détails et pleines d’inconnu.   La vie n’est pas une série de scènes parfaitement bien exposées, nettes et sans  bavures.  Et lorsque vous ressentez une émotion devant une scène, votre seul but doit être de la transmettre dans la photo que vous allez prendre, même si vous devez pour cela déjouer les règles de la « photo parfaite ».

Le flou, par exemple, peut rendre une image beaucoup plus intéressante car il y évoque la vie par le mouvement  (flou de bougé) ou le mystère d’une scène que nous devons décoder à travers nos propres sentiments (flou de mise au point).  Il en va de même pour l’exposition : une photo surexposée ou sous-exposée peut évoquer la joie ou au contraire la tristesse, la mélancolie bien mieux qu’une photo parfaitement exposée (voir:  de la pénombre à l’illumination)

Bien sûr il ne s’agit pas de faire n’importe quoi.   Comme le disait Picasso, il convient de maîtriser les règles avant d’apprendre à les transgresser.   Il faut donc apprendre la technique et maîtriser ses outils.  Mais il ne faut jamais perdre de vue que ce ne sont pas les outils qui créent l’oeuvre, mais bien l’artiste qui les utilise.

Apprenez à regarder autour de vous.  Soyez attentifs.  Découvrez des scènes que personne d’autre ne voit.   Sentez l’émotion qui en émane.   Prenez le temps de contempler, de sentir, d’apprécier la lumière, les teintes, les textures.  Vous verrez qu’avec le temps vous ferez de bien meilleures photos.

  • sam 15 Fév 2014 - 11:17

    François Toupin - Très intéressant, ce point de vue… Merci de partager !RépondreAnnuler

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